La cyber-hystérie américaine

Au lendemain des attentats du 11 septembre, le gouvernement américain avait sombré dans une hystérie sécuritaire totale qui s’est soldée par des violations massives des droits de la personne dont certaines répercussions se font encore sentir aujourd’hui. De la même manière, il semble que le processus de démonisation soit de nouveau à l’oeuvre, avec cette fois-ci internet comme cible principale.

Le mois dernier, l’ancien grand patron du renseignement américain, Mike McConnell, affirmait dans le Washington Post (sans apporter beaucoup de preuves à l’appui de sa démontration) que les États Unis étaient en train de perdre une cyber-guerre, en assimilant notamment les préjudices économiques et psychologiques subis à ceux d’une attaque nucléaire (oui, oui, vous avez bien lu). À l’aide d’analogies pas toujours très heureuses tirées de la Guerre Froide, il suggère dans son billet d’opinion une réingénierie de l’internet afin de rendre la surveillance de ce dernier beaucoup plus facile (le fait que l’entreprise pour laquelle il travaille maintenant offre ce type de services au gouvernement n’a bien entendu aucun rapport avec cette approche de militarisation de l’internet).

Plus récemment, c’est l’adjoint à l’assistant directeur du FBI qui déclarait très sérieusement que les États Unis étaient confrontés par le biais des cyber-attaques à une « menace existentielle », c’est-à-dire qui remet en question la survie du pays.

On se demande où s’arrêtera cette escalade de la terreur dans les discours sur la sécurité de l’internet. Ce qui est sûr, c’est que de nouvelles lois et mesures de contrôle sont en préparation à Washington, et que celles-ci seront exportées dans de nombreux autres pays par un processus classique de transfert des politiques de sécurité.

Ce contenu a été mis à jour le 30 juin 2015 à 13 h 30 min.

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