Livres

2014
Lecture de l'environnement du Service de police de la ville de Montréal, SPVM et CICC, 2014, sous la direction de Michelle Côté et Benoît Dupont

La Lecture de l’environnement 2013, réalisée conjointement par Service de police de la Ville de Montréal et le Centre International de Criminologie Comparée, s’adresse à toutes les personnes préoccupées par les questions de sécurité publique, à toutes les personnes désireuses de faire de la sécurité, un bien collectif. Elle vise à présenter les grands enjeux de sécurité qui se sont développés au cours des quatre dernières années. Elle contient en premier lieu des portraits de la population montréalaise réalisés à partir des données du recensement canadien, de résultats de sondage, d’analyse de la criminalité et de rapports d’appréciation sur les programmes dédiés spécifiquement aux relations avec les citoyens. Des contributions portant sur la gouvernance démocratique de la sécurité, les formes émergentes de délinquance ou encore les besoins spécifiques de certaines populations vulnérables viennent enfin proposer aux citoyens et aux décideurs des pistes de réflexion.

2014
Nouveaux regards sur les métiers de la sécurité, Criminologie, vol. 46, no. 2, 2013, sous la direction de Frédéric Ocqueteau et Benoît Dupont.

Pour montrer la richesse et la variété des métiers de la sécurité d’aujourd’hui, il convient de rapidement les situer à l’arrière-plan des mutations du monde contemporain. Ils émergent dans le creuset d’un nouveau référentiel dominant, celui de la « sécurité globale », ou plus exactement, au sein d’un processus évolutif de sécurisation du monde tel qu’il a été théorisé par l’École de Copenhague (Buzan et al., 1998). On assiste à un phénomène inédit de dilatation du champ de la sécurité où se cristallisent quatre processus dynamiques en interdépendance : un processus ontologique où se reformulent des idées sécuritaires sur le monde et corrélativement, des processus stratégiques et sociologiques par lesquels des acteurs revendiquent une expertise spécifique originale ; des processus bureaucratiques laissant apparaître des institutions investies d’autorités et de compétences nouvelles ; des processus technologiques marqués par une nette inflexion et emprise de technologies dédiées à des objectifs sécuritaires inédits. Et tous ces processus ont des implications réelles sur le remodelage des métiers de la sécurité.

C’est au sein de ces multiples interrogations que prend place le présent numéro spécial de Criminologie, qui prend le parti de multiplier et de croiser des regards inédits et variés. En étudiant les modalités de coexistence et de redistribution de l’action d’anciens et de nouveaux travailleurs de la sécurité, des plus prestigieux aux plus humbles, des plus sales aux plus secrets, des plus licites aux plus illégaux, bref des plus ou des moins légitimes, il explique et compare des métiers en situation, dépeints avec leurs systèmes de contraintes et de ressources propres. Outre la démarche comparative délibérément adoptée par certains auteurs, le dossier thématique se distingue surtout par la richesse théorique et empirique des contributions qui y sont rassemblées. Des quartiers sensibles de Paris aux bureaux feutrés des banques londoniennes, des services d’urgence des hôpitaux montréalais aux aérogares de Roissy, des salles de cours des écoles de police aux commissariats ruraux d’Haïti, ou encore des postes de contrôle où des murs d’écrans déversent des torrents d’images de vidéosurveillance aux sièges sociaux des grandes entreprises canadiennes, les métiers et les pratiques de la sécurité sont regardés dans tout leur relief, quitte à ce que certaines théories trop élégantes subissent des éraflures au contact des aspérités du réel.

Contributeurs: Marc Alain, Anthony Amicelle, Dominique Boullier, Stéphane Chevrier, Olivier Chopin, Jacques de Maillard, Dave Desrosiers, Benoît Dupont, Bastien Irondelle, Tanguy le Goff, Massimiliano Mulone, Frédéric Ocqueteau, Michel Rousseau, Samuel Tanner.

Nouveaux regards sur les métiers de la sécurité, Criminologie, vol. 46, no. 2, 2013, sous la direction de Frédéric Ocqueteau et Benoît Dupont.

2012
Benoit Dupont (sous la direction de, 2012), L'oeuvre singulière d'un penseur cosmopolite: Hommages à Jean-Paul Brodeur, Actes de colloque - Revue Champ Pénal

Ce recueil d’hommages à Jean-Paul Brodeur, décédé le 26 avril 2010, est avant tout le reflet de son insatiable et intransigeante curiosité intellectuelle, mise au service d’une pensée structurée par l’éthique de l’action. Issu de la philosophie et voué à une brillante carrière dans cette discipline, il choisit pourtant une voie atypique en bifurquant en 1978 vers un champ de recherches en émergence : la criminologie. Cette décision audacieuse, prise alors que les sciences sociales québécoises consolidaient leur affranchissement d’une longue subordination à la philosophie thomiste (Fournier, 1976), ne fut jamais pour lui une source de regrets.

Auteur et directeur de vingt-six ouvrages ou numéros spéciaux de revues1, Jean-Paul Brodeur, en infatigable travailleur, poursuivit ses travaux jusqu’au dernier jour, ne faisant aucune concession à la maladie dont il se savait atteint depuis quelques mois. Sa plus grande satisfaction était d’avoir réussi à terminer l’ouvrage qu’il considérait comme son Magnum opus, la somme des recherches et des réflexions qu’il avait menées tout au long de sa carrière sur la police, son objet de prédilection. Il n’eut pas la chance de feuilleter un exemplaire relié de son Policing web (Brodeur, 2010), publié par l’une des plus prestigieuses maisons d’édition scientifique anglophone, qu’il méditait depuis des années et qu’il avait si souvent remanié par souci de perfection. Cependant, ce qu’il avait conçu initialement comme un traité moderne sur la police fera résonner son héritage intellectuel en donnant à tous ceux qui réfléchissent aux fonctions policières une matière théorique et empirique d’une extrême richesse.

La diversité des contributeurs réunis dans ce numéro (Canadiens, Français, Américains, Australiens) illustre parfaitement sa propension, tout au long de sa carrière, à tisser des liens privilégiés avec des collaborateurs provenant d’univers et de traditions universitaires ayant généralement tendance à s’ignorer respectivement. Ce talent lui conféra un rôle de courtier intellectuel qui lui permit par exemple d’imposer dans le monde anglo-saxon le concept éminemment continental de haute police, ou bien d’alimenter la réflexion de ses collègues francophones sur les mythes et les réalités du travail policier, à partir des résultats de la recherche empirique nord-américaine.

C’est donc à la fois au philosophe, au criminologue, au conseiller, à l’érudit, au vulgarisateur, au gestionnaire, et bien entendu à l’ami qu’il fut rendu hommage lors d’une journée commémorative organisée le 14 avril 2011 à l’Université de Montréal. Les articles réunis dans ce numéro spécial de Champ Pénal/Penal Field reprennent et enrichissent les communications de ce jour-là par quelques-uns de ceux qui furent ses plus fréquents et proches interlocuteurs au cours des quarante dernières années.

2007
Benoît Dupont et Carrol Tange (sous la direction de, 2007), La police au Québec. L'art du réformisme pragmatique, Bruxelles : Politeia.

« Réformer la police » est devenu un thème récurrent dans les pays nord américains et européens. Diversementmotivée, selon les circonstances et les contextes respectifs, cette volonté de réformer un appareil policier jugé inadapté, si pas obsolète, a souvent conduit les pays européens, et notamment la Belgique, à s’intéresser à la manière dont des réformes ont été entreprises tant aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni qu’aux Pays-Bas.

Si les Pays-Bas ont souvent servi de passerelle aux idées anglo-saxonnes pour les belges néerlandophones, de la même manière le Québec en général et Montréal en particulier offrent aux francophones un double attrait : une proximité linguistique et une fenêtre sur les idées et les modèles nord américains. Des idées dont on espère souvent qu’elles déboucheront sur une percée décisive, remédiant à ce qui est fréquemment présenté comme une crise de légitimité des institutions publiques, au premier rang desquelles on trouve la police et la justice.

Présentant les actes d’une journée d’études ayant pris place au Parlement belge, le présent ouvrage n’a pas l’ambition de faire une présentation de l’excellence d’un modèle qui apporterait « la » solution. Il envisage plutôt, au travers d’un exposé franc et d’une discussion ouverte, de questionner les changements, les solutions adoptées avec des bonheurs divers dans le cadre d’une volonté de réforme au Québec.

Après le coup de tonnerre initial de « la » réforme des polices en Belgique apparaissent constamment de nouveaux enjeux dans la gestion d’un changement souvent présenté comme continu. Ne rompant pas avec la tradition du regard porté sur les expériences étrangères, l’attention accordée ici aux initiatives québécoises doit s’envisager comme un dialogue avec celles-ci et un modèle qu’elles ne revendiquent pas, celui d’adaptations successives et d’harmonisations concomitantes assumées pragmatiquement.

2007
Maurice Cusson, Benoît Dupont et Frédéric Lemieux (sous la direction de, 2007). Traité de sécurité intérieure. Montréal : HMH.

Le présent ouvrage comble assurément un vide, car on ne trouve nulle part un traité couvrant tous les aspects majeurs de la sécurité privée et publique. Le corpus des connaissances essentielles est ici proposé en six parties : la nature de la sécurité intérieure, les grandes manifestations de la criminalité, le renseignement et les méthodes d’analyse des problèmes criminels, les moyens de la prévention, l’usage de la force policière et l’enquête criminelle et, finalement la gestion de crise, les mesures d’urgence et le maintien de l’ordre.

Ce traité s’adresse aux étudiants et aux professeurs des programmes en sécurité et études policières comme aux praticiens de la sécurité : police, gendarmerie, services internes de sûreté, agences de sécurité privée... Et sa portée est résolument internationale : son contenu intéressera les spécialistes en sécurité de toute la francophonie. Ses 37 collaborateurs (professeurs, praticiens et chercheurs) proviennent du Québec, de France, de Suisse et de Belgique.

Cet ouvrage suggère pour la première fois des réponses réalistes, documentées et argumentées à la grande question : Comment nos démocraties peuvent-elles assurer leur sécurité dans le respect de la justice, des droits et des libertés individuelles ?

  • Le site internet du Traité, où l'introduction et la table des matières peuvent être consultées. 

Cet ouvrage est publié en Europe par les Presses Polytechniques et Universitaires Romandes.

 

 

 

2006
Benoît Dupont et Émile Perez (2006), Les polices au Québec, Que sais-je?, no 3768, Paris : Presses universitaires de France.

 

Fortement influencées par les innovations canadiennes, états-uniennes ou anglaises, mais constamment soucieuses de les acclimater à leur environnement politique et social spécifique, les polices québécoises représentent une plateforme privilégiée d'échanges entre les mondes anglophone et francophone sur les questions de sécurité publique : elles ont su se remettre en question face à une population de plus en plus diversifiée, dont la tolérance pour le modèle répressif traditionnel s'érodait à mesure que celui-ci perdait de son efficacité.

Le pragmatisme québécois a développé une réponse simultanément ferme et concertée face à la menace du crime organisé. La diminution constante de la criminalité depuis quinze ans a sans aucun doute insufflé une dose de sérénité propice à l'exploration de nouvelles pistes d'intervention policière ouvertes sur la société et la recherche.

  • Un « Que sais-je? » sur les polices du Québec vient de paraître en France, La Presse 

  • Le « modèle » policier québécois intéresse la France, Le Devoir